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Décision en situation de crise

Cours de M. Didier Danet, Saint-Cyr Coëtquidan

Situation de crise

Le modèle CYNEFIN de Dave Snowden.

CYNEFIN framework by Dave Snowden

Le modèle CYNEFIN de Dave Snowden

Les erreurs de décision

En étudiant les catastrophes, on se rend compte que :

les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché, Christian Morel dans Les décisions absurdes

Mais pourquoi ?

Erreur cognitive

Les acteurs peuvent commettre des erreurs quand leur perception ou leur jugement est biaisé (voir biais cognitifs).

On peut distinguer 4 types d'erreurs :

L'erreur de représentation est la plus commune dans les accidents aériens. Par exemple : à cause du brouillard, le pilote doit décoller sur une autre piste en parallèle, il commence à décoller mais se rend compte que la piste est plus courte, elle n'était pas plus courte, mais décalée par rapport à l'autre piste.

En situation de crise, l’urgence et la pression favorisent les erreurs de représentation, car avec moins de temps pour analyser la situation, on se repose sur le fonctionnement automatique du cerveau, en faisant des raccourcis dans notre raisonnement.

Erreur collective

Le mauvais fonctionnement des équipes peut pousser à prendre de mauvaises décisions.

On peut distinguer 3 types de biais dans les décisions collectives.

Le mauvais partage des rôles entre expert et manager. En temps normal, les experts analysent et conseillent, les managers décident et assument. Des dérives peuvent apparaitre lorsque :

Les interactions inefficaces. Les processus de coordination doivent permettre d’échanger correctement les informations nécessaires à la prise de décision. Les défaillances qui peuvent porter sur les processus de coordination :

L'étanchéité. L'équipe de décision pourrait bénéficier d'un apport/avis/point de vue extérieur lui permettant d'éclairer sa décision, mais ne le fait pas, ou ne le prend pas en compte, par inconsidération ou par rigidité de l'organisation. Un exemple exagéré serait un passager qui signale au personnel navigant une défaillance moteur, mais l'info n'est pas remontée car c'est juste un passager, ou parce qu'il n'est pas prévu qu'un passager puisse remonter une info au pilote.

Raisons de l'étanchéité :

Erreur téléologique

Les décideurs peuvent perdre de vue le sens de l’action.

Le décideur commence et poursuit son action alors qu’elle va directement à l’encontre de l’objectif poursuivi et que l’action perd tout son sens. La démonstration de savoir-faire devient la finalité et fait perdre de vue l’objectif initial. Le comment l’emporte sur le pourquoi. Un exemple est le solutionnisme technologique, on se concentre sur l'outil et on se détourne du sens de l'objectif (ex: appli tousanticovid).

Voir aussi le problème XY et l'effet Einstellung.

Eviter les erreurs de décision

Deux types d'effet peuvent miner les décisions collectives.

Les effets de groupe :

Pour contrer ces biais, on peut :

Les interstices sont les lieux où une organisation entre en contact avec d’autres organisations (équipe suivante, autre service, fournisseur, client, partenaire).

Les interstices jouent un rôle majeur dans les dysfonctionnements et la production d’erreurs absurdes à cause de :

Pour contrer ce bazar :

Améliorer les interactions

Dire

Renforcement ou explication des interactions pour améliorer la sûreté de la transmission :

Apprendre

Décrire et analyser les événements vécus par l’organisation pour en tirer des enseignements et les diffuser.

Pour cela les RETEX sont un bon outil, faire attention à :

Comprendre

Il est important de comprendre que les systèmes de décision sont des systèmes socio-techniques, qui doivent aussi prendre en compte le facteur humain et organisationnel. La seule solution technique ne suffit pas. Par exemple la règle selon laquelle un mot de passe doit contenir des majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux les rend plus difficile à retenir, et ils finissent écris sur un post-it, ce qui est contre-productif.

D'ailleurs, même au niveau technique, cette règle est éclatée au sol :

  1. un mot de passe compliqué de 10 caractère restera moins sûr qu'un mot de passe simple de 14 caractères
  2. les outils d'attaque par dictionnaire savent partir de martine du 56 pour générer plein de modifications comme M4rtine du 77, il y a donc là une fausse impression de sécurité
  3. le NIST recommande des passphrase plutôt que des password, donc c'est bien

XKCD